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PORTRAIT D'UN VIGNERON, DANIEL HUBER

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Monteggio. On est à deux pas de l’Italie. Dans ce coin de Tessin dénommé Mal­cantone, référence peut-être au repaire de brigands et coupe-jarrets de tout poil qu’il constituait au haut Moyen Age. Les 26 hameaux de la commune de Monteggio jouent à cache-cache entre monts hérissés de châ­taigniers – tapis verdoyants déroulés vers le ciel -, îlots cham­pêtres et arpents de vignes en­châssés comme autant d’émeraudes dans les coteaux. Pays sauvage, rude sûrement, mais magnifique d’authenticité sous la lumière laiteuse d’un ciel moutonneux.

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Texte: Philippe Tanner / Photos: Jean-Guy Python

 


La route épouse d’abord les contours de la Tresa, rivière paresseuse ici parce que lasse sans doute d’être tiraillée entre Helvètes et Transalpins, dont l’unique obsession est de rejoindre le bassin du Pô.Un poste de douane, puis on s’élève ; la route serpente, long ruban liant bourgs de pierre, champs et vignobles dispersés. Elle n’est pas facile à débusquer la tanière de Daniel Huber. Accolée pourtant à la rue traversant l’un des hameaux de Monteggio, la maison, typique, est plutôt anonyme. Juste un petit panneau signalant qu’elle abrite un vigneron et sa famille et des volets bleus, comme les yeux de son propriétaire.

 

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DANIEL HUBER... LE RENARD AILÉ

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D’origine zurichoise, Daniel Huber étudie la sylviculture à l’ETH de Zurich. Estampillé ingénieur, il centre son intérêt sur la vigne, puis poursuit sa formation à Wädenswil et à Changins où il obtient, en 1980, son diplôme supérieur d’œnologue.

Au printemps 1981, c’est la transhumance. Il émigre, avec sa famille, au Tessin, dans la petite commune de Monteggio (Mal­cantone). Après avoir vainement tenté sa chance en Suisse romande, il profite d’une conjoncture favorable et de prix raisonnables pour acheter une petite exploitation composée d’un « rustico » - maisonnette paysanne - et de quelques arpents autrefois complantés de vignes, mais alors en friches. Très rapidement, il ressuscite le vignoble accomplissant sa devise : « Noi curiamo et coltiviamo ciò che da sempre veniva curato et speriamo che si continui a farlo in futuro ». Nous soignons et cultivons ce qui toujours a été soigné et espérons qu’il en sera ainsi dans le futur.

Après avoir acquis successivement deux bâtiments accolés au « rustico » d’origine, dont une étable transformée en chai, et des parcelles de vignes, Daniel Huber est aujourd’hui à la tête d’un domaine comprenant 6,8 hectares de vignes, la plupart affermés pour une longue durée. Outre le merlot qui constitue l’essentiel de sa production (75 % environ), il bi­chonne, de manière plus confidentielle (10 % environ), les cabernets francs et sauvignon, le petit verdot, mais aussi le pinot noir ou le carminoir (cépage né en 1982 du croisement du pinot noir et du cabernet sauvignon). Le solde, soit 15 % environ, est constitué de cépages blancs, chardonnay principalement, et, pour apporter à ce dernier l’acidité dont il est fréquemment dépourvu.

Tél. 091 608 17 54
E-mail : huber.mont@bluewin.ch


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