Monteggio. On est à deux pas de l’Italie. Dans ce coin de Tessin dénommé Malcantone, référence peut-être au repaire de brigands et coupe-jarrets de tout poil qu’il constituait au haut Moyen Age. Les 26 hameaux de la commune de Monteggio jouent à cache-cache entre monts hérissés de châtaigniers – tapis verdoyants déroulés vers le ciel -, îlots champêtres et arpents de vignes enchâssés comme autant d’émeraudes dans les coteaux. Pays sauvage, rude sûrement, mais magnifique d’authenticité sous la lumière laiteuse d’un ciel moutonneux.
Texte: Philippe Tanner / Photos: Jean-Guy Python
La route épouse d’abord les contours de la Tresa, rivière paresseuse ici parce que lasse sans doute d’être tiraillée entre Helvètes et Transalpins, dont l’unique obsession est de rejoindre le bassin du Pô.Un poste de douane, puis on s’élève ; la route serpente, long ruban liant bourgs de pierre, champs et vignobles dispersés. Elle n’est pas facile à débusquer la tanière de Daniel Huber. Accolée pourtant à la rue traversant l’un des hameaux de Monteggio, la maison, typique, est plutôt anonyme. Juste un petit panneau signalant qu’elle abrite un vigneron et sa famille et des volets bleus, comme les yeux de son propriétaire.
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dans notre magazine 290 - JUIN-JUILLET-AOÛT 09






