Elle n'est pas « intello » ni « snobinarde » cette station, pourtant Guy de Maupassant y a séjourné pour écrire « L'Auberge », le grand Tolstoï est venu parcourir ses chemins de moyenne montagne, Herbert von Karajan s'y est reposé, Picasso, Paul Valéry et bien d'autres encore sont tombés sous le charme de Loèche-les-Bains.
A 1'411 mètres d'altitude le village - 1'500 habitants - s'est lové, comme un matou heureux au pied des majestueuses falaises du Daubenhorn, de la Gemmi et du Torrent. Panorama grandiose, presque rassurant même si, aux XVIe et XVIIe siècles le village fut victime d'énormes avalanches qui décimèrent sa population. A chaque fois ces montagnards ont enterré leurs morts puis retroussé les manches et reconstruit leur maison. Aujourd'hui, un système sophistiqué, mais surtout efficace, met les gens à l'abri de la « mort blanche ».
Texte: Philippe Bouquet / Photos: Jean-Guy Python
Trois millions neuf cent mille litres d'eau chaude - jusqu'à 51 degrés - jaillissent chaque jour des 65 sources thermales de Loèche-les-Bains. Un fleuve bienfaisant, une sorte de miracle de la nature reconnu, semble-t-il, déjà dans l'antiquité. Mais c'est en 1501 que le village prend une nouvelle dimension. Mathieu Schiner, le tout-puissant cardinal valaisan découvre les bienfaits de l'eau de Loèche. Il acquiert les droits des bains et plusieurs hôtels, vante le village de cure au cours de ses nombreux voyages, y invite des amis et construit une piscine pour les pauvres, scellant ainsi le destin de Loèche-les-Bains qui ne sera jamais une station guindée, réservée aux seuls gens fortunés. C'est aussi à cette époque que la langue allemande commence à prendre le pas sur le français. De nos jours le Volksheilband et son bassin d'eau thermale non filtré sont toujours bien là, accueillant, toute l'année, une clientèle fidèle dont s'occupait, il y a peu de temps encore, quelques charitables religieuses.
Wellness, le mot miracle
Si aujourd'hui la station accueille les sportifs de haut niveau dans son Swiss olympic medical center et à la clinique du Centre Reha, elle est devenue le plus grand centre de thermalisme et de « wellness » des Alpes.
Wellness, le mot miracle, le mot bonheur... qui va m'accompagner tout au long de cette pérégrination « loéchienne ». Ce sont d'abord les Burgerbad, la plus grande infrastructure des Alpes avec ses 10 bassins et ses toboggans de 100 et 120 m de longueur. Sportif et impressionnant. Pour ma part, c'est vers d'autres sensations que vont mes préférences ! Confortablement immergé dans une eau tiède, je déguste l'apéritif, en état d'apesanteur. Le temps s'est arrêté, seul le plateau qui flotte devant moi a encore de l'importance. Piscine, plein air, apéro... déjà quelques souvenirs pour ces moments d'exception...
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dans notre magazine 289 - AVRIL-MAI 09




