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LA SAINT-MARTIN VÉRITABLE FÊTE DES SENS…

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Un peu plus de 95 ans après que l’absinthe, appelée aussi Fée Verte, soit entrée dans la clandestinité, après avoir été interdite en Suisse le 7 octobre 1910 (le peuple suisse ayant ensuite approuvé sa prohibition
en 1908) la distillation de l’absinthe a été, à nouveau et officiellement, légalisée dans notre pays le
3 mars 2005… Ainsi, pen­dant toutes ces longues années la fabrication et la commercialisation ont donc été interdites sur tout le territoire helvétique… Cependant, dans le Val-de-Travers, entre 60 et 80 distillateurs ont continué à fabriquer clandestinement près de 100'000 litres d’absinthe par année, selon la Régie fédérale des alcools… C’est dire que, malgré parfois de lourdes amendes, ils n’ont jamais perdu la main et que la tradition de l’absinthe a, ainsi, pu perdurer dans le Val-de-Travers, où on lui donne aussi volontiers le nom de Fée Verte, voire d’Elixir Vert, parfois aussi La Bleue… Ou encore la « Couëchte », en patois !
Texte : Michel Vidoudez / Photos : Blackmint et Rémy Meyer

Texte : Albert Clarmont / Photos : Philippe Cossy, Terroir & Tourisme

 

Ainsi que l’écrivait déjà, il y a quelque trois décennies, feu l’ami 
Jacques Montandon, dans son ouvrage « Le Jura à Table » : « En Ajoie, 
faire la Saint-Martin signifie vivre intensément les péripéties d’une 
fête populaire à nulle autre pareille… Le récit de ces réjouissances 
élevées au rang d’institution n’a que faire des ressources de 
l’imagination. Tout au contraire, il gagnera en authenticité si l’on 
sait rester le témoin méticuleux d’une coutume au rite immuable… Et 
Montandon poursuivait : « Aujourd’hui (c’est cependant resté d’une 
brûlante actualité !) ni la frénésie de l’existence ni le modernisme 
outrancier et snob n’ont vraiment porté atteinte à la Saint-Martin en 
pays ajoulot. Peut-être parce que la pièce se joue dans un décor 
naturel intact, de l’autre côté des contreforts du Jura, aux confins 
de la Suisse »…

 

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Toutché, toutiés, toutaies, toété, torté, ces mots ont la même origine 
gâteau ou tourte dérivée peut-être de l’allemand Torte. Le nom change 
en fonction du patois de chaque région et de l’époque. On faisait des 
toétchés à la courge, à la semoule, aux fruits. A l’origine, le 
toétché (gâteau à la crème), était préparé avec le « colostrum » des 
vaches ayant vêlé. Plus tard, la matière première n'étant pas toujours 
à disposition, on remplaça le « colo strum » par la crème aigre à 
laquelle on ajoutait le safran pour parfaire l’illusion. Dans certains 
villages, on badigeonnait l’ourlet du gâteau avec le safran mêlé à un 
peu d'huile, mais sans l’incorporer à la crème. De nos jours, on 
ajoute des œufs et de la farine à la crème, en plus des 
assaisonnements, pour éviter notamment que la crème se transforme en 
graisse à la cuisson. La présentation est améliorée et la graisse 
n’infiltre pas la pâte, ce qui la rendrait indigeste. Aujourd’hui, en 
toutes saisons, ce gâteau est le plus vendu dans les boulangeries des 
Franches-Montagnes.


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dans notre magazine 292 - OCTOBRE-NOVEMBRE 09

 

Toétché/gâteau à la crème

Une recette de Georges Wenger, Le Noirmont

Ingrédients pour 4 personnes

  • 250 g de pâte à pain au lait
  • Crème aigre au safran
  • 2 dl de crème double aigre ou 2 dl de crème double acidifiée avec 1 cs de yaourt nature
  • 1 œuf
  • 20 g de farine
  • 1 pointe de couteau de safran en poudre
  • sel, poivre

Dorure

  • 1 œuf
  • 1 cc d’huile


Marche à suivre

Préparation de
la crème aigre au safran

  • Dans une terrine, mélanger l’œuf, la farine et la poudre de safran.
  • Saler et poivrer. Ajouter la crème double.

Préparation de la tarte

  • Beurrer au pinceau une plaque à pâtisserie de 30 cm de diamètre.
  • Abaisser la pâte à 7 mm d'épaisseur en formant un disque d’un peu plus de 30 cm de diamètre. Foncer la plaque avec la pâte, appuyer sur le bord pour former un bourrelet qui servira à contenir la crème. Laisser lever ainsi la pâte 30 minutes.
  • Préparer la dorure en battant à la fourchette l’œuf et la cuillerée à café d’huile.
  • Dorer le bourrelet de pâte avec un pinceau.
  • Piquer le centre de la tarte avec une fourchette et verser la crème au safran.

Cuisson

  • Mettre 25 min au four préchauffé à 220°.

Dressage

  • Servir froid accompagné d’une salade ou à l’apéritif.

Note

  • La crème était prélevée jour après jour sur le lait mis à reposer. Conservée dans des pots au cellier. elle mûrissait pour atteindre sa plénitude : épaisse et jaune, elle prenait une odeur acide caractéristique. Préparée ainsi, elle n’était utilisée que cuite. C’est elle qui servait à la préparation du toétché.

 


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