Echange de programme entre la Gilde des Sommeliers et l’Association romande des Sommeliers professionnels.
Le Valais, ses vignes, ses vins… et ses vaches
Depuis plus d’une année, les membres des deux associations jouissent d’une diversité d’événements, à l’exemple de la sortie organisée par les sommeliers Geoffrey Bentrari et Jérôme Lagrave. Une visite originale et ludique en Valais au service de la vigne et du vin à Vétroz, capitale de l’amigne. Avec 32 ha sur les 40 cultivés dans le canton, il y a de quoi découvrir les particularités de ce cépage sensible à la coulure et au millerandage, mais d’une grande longévité puisqu’une des parcelles fut plantée en 1938. Cépage précoce au rendement faible, dont les baies sont souvent petites : peu de jus, de la fraîcheur et un côté tannique. Sans oublier l’importance des porte-greffes avec le pépiniériste Raphaël Vergère qui a complété notre savoir en expliquant sur le terrain la complexité du travail de greffeur à partir des fameux pieds de vignes américaines.
Après les différents exposés en milieu viticole, visite des caves et dégustation verticale de 10 crus de différents producteurs. Une fois de plus, les commentaires de Gilles Besse, œnologue et associé de la maison Jean-René Germanier, offrent aux participants la perception de l’influence des sols dont le schiste noir ardoisé intensifie la jouissance gustative. Ainsi que l’aptitude de ce grand cépage à se bonifier dans le temps.
Pour le repas de midi, nos amis eurent la très bonne idée de choisir un restaurant pédagogique le « Petit Pois Carottes » à Conthey où la cuisine et le service sont assurés par des jeunes en formation, tous entourés de professionnels. Succulent menu de chasse, excellente ambiance et la sensation de soutenir les jeunes par le biais d’un tremplin dédié à la pratique du métier.
Surprenante et très intéressante suite de programme avec la visite de la ferme de Stéphane Pillet à Magnot. A la tête d’un élevage rationnel et économiquement viable, les vaches de son cheptel bovin vivent en stabulation libre. Beaux spécimens en liberté de mouvement à l’intérieur comme à l’extérieur. L’occasion s’il en est d’approcher de plus près cette race d’Hérens si représentative de l’esprit valaisan. Les bêtes en intégration avec l’élevage et la production de lait dans un espace de modernité exemplaire…. de quoi tordre le cou à l’image traditionnelle et vieillotte des étables du passé.
Retrouver le goût des grands vins de Bourgogne
Direction Meursault pour une immersion dans la zone de prédilection des grands chardonnay de Bourgogne. Malgré les vendanges retardées en raison des conditions climatiques, Nadine Gublin œnologue conseil du « Domaine Prieur » a pu donner un peu de son temps pour une initiation à la typicité de la Bourgogne. Région qui se singularise par la diversité des terroirs que l’on appelle « climat », parcelle de terre strictement limitée, portant son nom depuis des siècles, parfois accompagnée d’un ou plusieurs lieux-dits.

Cave du Domaine Prieur.
La première mise en bouche fut royale avec le Meursault « Clos de Mazeray 2007 » magnifique sur son terroir argilo-calcaire, caractère d’amande grillée et de fruits secs par le fait d’un millerandage. Plaisir renforcé par la fraîcheur naturelle du cépage et la salinité finale. Le Puligny-Montrachet « Les Combettes » 1er cru 2007 se particularise par une austérité due au sol pierreux, tout en densité et un potentiel de garde important. Tout simplement magnifique. Ensuite le Pinot noir Volnay « Les Santenots » 2007, plus floral que fruité sur un sol de terre légère, tout en élégance et tendreté. Enfin, un « Clos Vougeot » 2007 encore sur le fruit, opulent et dense, caractérisé par une finale fumée typique de ce lieu-dit. Que dire de plus : une heure et quatre vins pour découvrir la quintessence, la pureté, la droiture dans le respect des sols. Un moment privilégié !
La visite du Domaine Bouley à Volnay a marqué la différence dans le sens d’une approche bourguignonne classique avec des vins parfois rustiques dus aux barriques usagées qui laissent des tanins de bois asséchants en fin de bouche. Il faut dire que les vignerons indépendants ne peuvent aborder le renouvellement régulier du matériel vinaire hors de prix. Le Volnay « Les Caillerets » 2007 nous a séduit par son ampleur et sa typicité du terroir de cailloux du lieu-dit.
Olivier Leflaive qui possède une cave réputée à Puligny-Montrachet a eu la formidable idée de créer une maison inédite à la découverte des vignes, des vins à partir de l’Hôtel et de la Table d’Olivier Leflaive. Toutes les chambres personnalisées, le restaurant ouvert à la dégustation des vins et des mets commentée par des sommeliers professionnels. Sans oublier les ateliers qui permettent de multiples approches gustatives et comparatives des nombreux crus de la maison.

Table d’hôtes chez Olivier Leflaive.
Expérience multiple couronnée par la visite de cave pilotée par Olivier le maître des lieux. Avec humour et simplicité il fait comprendre la complexité du travail de cave. Chaque barrique requiert un suivi journalier par le biais de multiples dégustations comparatives pour chaque appellation et climat traités séparément. Ceci de la longue période d’élevage à la mise en bouteille.
Pour avoir eu le privilège de déguster tous les Grands crus de la Côte de Beaune en barrique avec le chef de cave Frank Glux qui vinifie depuis 20 ans, on ne peut qu’encenser l’excellence des vins de cette maison qui perpétue
la magie depuis plusieurs générations. Une adresse incontournable pour les amateurs qui peuvent déguster et acheter sur place des crus allant du bourgogne aligoté aux grands crus de la Côte d’Or.
Et une autre adresse à souligner, celle du restaurant de l’Hôtel Le Montrachet où le chef Thierry Berger ravit les gastronomes.
Les membres ont apprécié ce dîner inoubliable, rehaussé par les grands crus de la Bourgogne. Le rêve quoi…

Dîner de Gala à l'Hôtel le Montrachet.





