Ainsi donc l’art de la table et ses plaisirs partagés, instants de bonheur oh combien appréciés sont en train de franchir un nouveau cap. Pour le moins discutable. Aujourd’hui la mode est aux apéritifs – quand ce n’est pas aux cocktails – dînatoires. Expression barbare qui cache deux choses :
la première, la perspective de passer au moins une bonne heure debout, à se « ganguiller » d’une jambe sur l’autre, tout en essayant de ne pas renverser son verre, ni de boire dans celui du voisin.
L’autre réjouissance consiste à tenter de déguster, sans s’en mettre partout, des plats de « fingers food », comprenez de nourriture qui se prend avec les doigts. Adieu fourchettes, couteaux et cuillères, c’est avec les mains que l’on plonge dans les plats. Comme les singes ou les gamins mal élevés. Somptueux progrès, avancée significative pour l’humanité toute entière, le « fingers food » s’inscrit dans le droit fil de l’évolution de notre société : toujours plus vite, toujours plus original… toujours plus décevant. Et tant pis pour la convivialité, le partage et les saveurs d’antan. L’essentiel est de ne pas perdre trop de temps car chacun sait que le temps c’est de l’argent et que l’argent n’a pas d’odeur… comme le « fingers food ». Dieu soit loué il restera quand même toujours la fondue qui, elle, ne peut pas se manger avec les doigts !
Bon appétit à toutes et à tous !



















