La cuisine est un art, pour certains en tout cas. Quand elle sait magnifier le produit, quand elle révèle de subtiles alliances de goûts, quand elle crée des émotions si fortes que l’on se sent transporté par la magie gustative au bord de la mer , dans un jardin d’épices ou devant l’étal d’un primeur. La cuisine est un moment de bonheur partagé. En famille ou avec des amis. Elle est le reflet de ceux qui la font : généreuse et simple ou sophistiquée et intellectuelle. Peu importe. Elle est d’abord rencontre, échange, plaisir.
La cuisine c’est aussi des souvenirs. Délicieux. L’enfance et l’odeur des plats mijotés de grand-mère, premiers voyages et premiers couscous ou paella, Noël et ses gourmandises à la cannelle ou à la mandarine, la fondue des copains, la broche en forêt.
La cuisine est un acquis, un patrimoine magnifique qui rassemble parce que la table n’a pas de frontières ni de tabous et encore moins de dogmes. Elle est matière, elle est couleur, elle est saveur, elle est savoir. Et rien d’autre.
Depuis quelque temps, au Royaume Unis, on met en vente des appartements sans cuisine. Un four à micro-ondes et une machine à café dans un coin suffisent. On mange, sur les genoux, assis sur le canapé. Pas de table, il faut de la place pour les ordinateurs, les chaînes hi-fi, les écrans géants de télévision et les jouets des gamins. C’est la cuisine du téléphone. Un coup de fil et la pizza, les sushi ou les rouleaux de printemps arrivent. Trop chauds ou déjà froids. Aucune importance, le « fooding » - comprenez « gavage » - ne dure que quelques minutes. Pour pouvoir profiter de Facebook ou des séries télé. Etranges priorités… étranges mœurs.
Joyeux Noël et bonne année à toutes et à tous.










